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Les trois Provence

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Introduction

Culturellement, la Provence est comme son territoire géographique : multiple. Ses us et coutumes sont issus de siècles d’histoire très ancienne où différents peuples de la Méditerranée ont déposé leur empreinte, et aussi par ses diversités géographiques. Selon que l’on habite dans un coin de plaine campagnarde, dans un paysage de petite montagne ou sur le littoral maritime, les traditions varient. Certaines sont propres à une partie seulement de la Provence, d’autres sont communes à tout le sud est méridional.

Depuis le XXème siècle, on peut voir le cœur de la Provence culturelle au travers de trois influences majeures qui identifient trois terroirs très marqués : d’une part, la Provence de Mistral, la plus centrale, celle des plaines ; ensuite la Provence de Jean Giono, plus à l’est et avec un caractère plus montagneux ; enfin, la Provence de Marcel Pagnol, celle bordant la Mer Méditerranée. Ces trois Provence se juxtaposent d’un point de vue folklorique et linguistique, et se recroisent pour ne faire qu’une unité où tous les Provençaux se reconnaissent dans les grandes traditions de la région.

La Provence de Frédéric Mistral

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Il s’agit de la partie située à l’ouest du Rhône, à partir d’Arles, incluant la Camargue au sud, et les Alpilles au nord. C’est un lieu de fortes traditions liées à la présence d’une faune camarguaise typique : chevaux blancs et taureaux, encadrés par les « gardians ». On ressent dans ces terres tantôt arides, tantôt marécageuses la proximité de l’Espagne à qui l’on a emprunté quelques coutumes de tauromachie. C’est ici que l’on trouve les petites villes et villages très anciens aux nombreux vestiges Romains, mais aussi les oliveraies de la Vallée des Baux et les rizières de Camargue.

Arles en est la ville ambassadrice, notamment avec l’emblématique costume de l’arlésienne, si caractéristique, né au XIXème siècle … Frédéric Mistral, auteur et poète provençal, mais aussi Alphonse Daudet, y ont planté les décors de leurs récits, et de leurs personnages : Mireille, Maître Cornille, Tartarin de Tarascon, et bien d’autres… Aujourd’hui encore, des manifestations culturelles et folkloriques ont lieu du printemps à l’automne pour faire perdurer ces traditions forgées à partir d’un art de vivre. Par exemple, la fête du costume arlésien, la feria de Nîmes, la fête de l’olive à Mouriès, sont des moments privilégiés où les vrais Provençaux se retrouvent pour partager la passion de leurs coutumes, du terroir et de leur langue, sous le regard de nombreux visiteurs, habitants voisins ou touristes. Cette Provence-là est encore très vivante de nos jours.

La Provence de Jean Giono

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Du côté est du Rhône, autour de la vallée de la Durance, la terre provençale se rehausse et devient montagneuse mais à faible altitude. Eloignée de la mer, elle perd son caractère ouvert sur d’autres cultures méditerranéennes pour se replier sur un paysage rustique où les grandes villes sont absentes. Tantôt cultivée de fruitiers, tantôt forêt de chênes, la Haute-Provence comme on la nomme est un terroir moins aride que les deux autres « Provence » citées plus haut. Elle est souvent représentée par un troupeau de moutons paissant dans un champ au terrain accidenté, ou bien par un champ de lavandes fleuries dans lequel s’est perdu un cabanon en pierres.

Jean Giono a conté des aventures qui se déroulent autour de Manosque, dans les paysages rustiques de la Haute-Provence. Son œuvre entière est dédiée à cette campagne tantôt douce, tantôt rude, proche de la montagne. Se déclarant lui-même « Voyageur immobile », l’écrivain a peu quitté cette Provence, mais y a fait voyager des milliers de lecteurs au travers de ses récits. Il a dépeint le monde paysan et sa condition avec poésie et philosophie, en y mettant toutes les contradictions de ce riche patrimoine rural. C’est une terre sauvage, qui n’appartient à personne, mais à laquelle l’homme appartient.

La Provence de Marcel Pagnol

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A l’est du Rhône, bordant le littoral de la Méditerranée, et remontant au-dessus de la campagne aixoise, se trouve la patrie de Marcel Pagnol, auteur et cinéaste bien connu du XXème siècle. Aubagne, petite ville potière située à l’est de Marseille, et le Massif du Garlaban alentour, sont le cadre de ses histoires tirées de ses souvenirs d’enfance, « La Gloire de mon père », « Le Château de ma mère ». Ce sont des décors de paysages de collines, de garrigues, de petits villages, et de ports de pêche où les « gens de la campagne » côtoient non sans incompréhension les « gens de la ville ».

Grâce à l’œuvre de Marcel Pagnol, le caractère entier et souvent emporté des Provençaux a été dépeint avec bienveillance et humour, et donne une image assez fidèle de la vie quotidienne dans cette partie-là de la Provence à partir des années 1900. Ici, pas de costume arlésien pour les jours de fête, mais des habits de cotonnades fraîches pour les dames, des chemises blanches et un gilet pour les messieurs, et surtout un chapeau de paille pour se protéger du soleil assommant de l’été. Sous l’ombre rafraîchissante d’une treille, les hommes boivent le pastis tandis que les femmes préparent l’anchoïade. C’est de ce pays-là que nombre de recettes culinaires typiques sont issues, à base de poissons et de légumes et d’herbes aromatiques, sans oublier l’huile d’olive.

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